Le monde a une fin

Écrit pour Kaléïdoplumes le 03 juillet 2011 : Je suis enceinte ou je meurs. Le monde divague dans mon regard vague, vague a l’âme. Des nausées pour horizon dans un esprit borgne, morne. Au bord de l’abîme comme une ravine creuse mon humeur et mes humeurs. Au bord des lèvres une envie de vomir tous les jours, chaque heure, chaque minute, contre moi, contre-jour d’une plongée vers l’inutile, le tréfonds de mon âme, coquille vide. Le bruit du RER monte a l’assaut de ma bulle de survie comme une marée noire sur les plumes d’un albatros en blanc et noir.
Je zig-zag entre les lignes, aveugle au monde qui m’entoure, un pas après l’autre, un pas devant l’autre entre deux îlots de bonheur sans carte ni boussole et je jette mes mots comme de petits cailloux de ricochets sonores en échos au bruit ambiant. Il fait beau, chaud, très chaud et je transpire mes idées noires à travers chaque pores d’un esprit fantôme, dame blanche, dame noire, un pion, une case, cavalier sur fou en d7 ou l’inverse quand le roi devient fou. La toile est noire et la nuit blanchi mes cheveux, mais bientôt arrivera la fin, une fin bien heureuse. fin d’une série noire, rayon de soleil après la pluie, parfum léger après l’orage. Après l’été, enfin l’automne et ses vents frais, ses rouges brun et ocre, les raisins de la colère et les pommes de discordes s’assagissent devant la sauge et le cyclamen. Enfin peut-être pour un autre renouveau, renaître, revivre ou disparaître un jour, une nuit, entre chien et loup.