Le cycle

Tous les jours et sans relâche, tu cours, après le temps, après les bus, tout seul ou entre amis, en ville, à la campagne, apparemment sans but ou presque. Tu avance pour fuir le jour de ta naissance, quand il a fallu quitter ce cocon doux et chaud, seul lieu ou l’insouciance est unique vérité, partage privilégié, exclusif et charnel avec sa mère.
La naissance est le premier choc. Tu as beau hurler, c’est un aller sans retour. Ouvrir les yeux pour découvrir un monde hostile qui profite de ton innocence pour t’inculquer des concepts de civilisation et t’éloigner de ce cocon à tout jamais. Tu a beau multiplier les douches et bains chauds couvert de mousse plus ou moins parfumées, tu pense et la société te fait croire que c’est une question d’hygiène, alors que ton inconscient cherche toujours la chaleur du cocon originel. Viennent les premières relations amoureuses ou comment apprendre les cycles de la vie. Tu découvre d’où tu viens en même temps que les premiers plaisirs sexuels. La vérité est encore ailleurs, de même que la seule chose qui tourne sur terre, ce sont leurs robes légères. Découvrir le mont de Venus ou l’intimité de cette Venus est un moyen désespéré de trouver un nouveau cocon accueillant. Malheureusement, la nature veille en te montrant que son cycle n’est pas réversible. Avec force ébats, la Venus devient cocon pour accueillir de nouvelles vies et la fin de ses illusions. Son ventre s’arrondit sans toi, il ne te reste plus qu’a regarder et deviner ce qu’il se passe avant d’accueillir les futures enfants et de nouveaux bonheurs. La vie continue plus ou moins agitée, long fleuve tranquille et les dernières illusions s’enfuient tout doucement mais sûrement. Jusqu’au dernier jour, dernier souffle quand tout s’éteint. Dans un autre cocon, autres douceurs, autres insouciances quand la Terre, mère nourricière, accueille les siens dans son ventre protecteur.