Mots tel un matin sans café noir

La porte s’ouvre et la caméra entre dans une chambre, la numéro 9, à moins qu’il ne manque un clou. Le motel est sordide, ils le sont tous dans ces histoires. 5 heure du mat’, le soleil sort tout juste et avec peine d’une ville industrieuse au bord du désert. Voilà, le décor est planté, il pourrait être partout tellement les endroits sordides se ressemblent. Maintenant les personnages. Lui, 47 ans, en parait dix de plus. Meilleur vendeur voyageur de la région. Enfin, c’est ce qu’il prétend. Boit un peu, juste assez pour entretenir sa bedaine. Ne fume pas, ni enfant ni femme à rejoindre le week-end. Elle, très jeune, mexicaine, muette depuis un accident dans un bar. A mis ses rêves de côté en arrivant au Nouveau Mexique, nouvel Eldorado. Comme un western … Ils n’avaient pas arrêté de baiser, devant, derrière, dessus, dessous, sans dessus dessous, toute la nuit. Enfin, c’est ce qu’il voulait en la rencontrant dans son bar habituel. Elle, on ne saura jamais, ombre dans la nuit, elle a déjà disparu. 5 heure du mat’. Il attend étendu. Pour une fois, il ne sera pas seul pour attendre le jour nouveau. Comme un film au ralenti, le médecin légiste fait de son mieux pour faire concurrence, à coup de flash, aux clignotements bleus et jaunes des voitures de police. A peine sorti de l’anonymat et déjà le monde de l’oublier, lentement, au fur et mesure que le sac noir se referme sur son visage et que la ville se réveille.