Destin

Histoires courtes à lire en épisodes

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lundi 12 décembre 2011

Nouveau western

Écrit pendant le marathon d’écriture de novembre 2011 et partagé pour la consigne 192 de Kaléïdoplumes, sous le titre “Nouveau Western” :

Changement de décor, une rue sans sol ni do entre deux rangées de fa. Un court rang d’air danse avec des feuilles, mon automne. Le vieux Long est assis sur son bécarre habituel, clef de voûte d’une ribambelle de moines aux tons pastels. Il a laissé son banc Jo à son ara qui rit.

Il fait beau, chaud dans cet ambiance bémol. Derrière les portes a ressorts du saloon, le piano dièse au son du bar. Sur scène, le barde s’effeuille …

hum hum …

Je disais donc, une oie et son jarre tel un duo aphone, endors l’âme d’une sphère sans facettes. Tout le monde s’en fou, il n’y a plus de client, plus de vice, plus de ski, plus de bonbon, juste Cognac-Jay à la radio en scopie, graphie et stéréophonie.

Nouveau western …

Pourtant, derrière chacune de ses façades, il n’y a rien. Ni home, ni ferme, ni fans ; juste de l’herbe qui poudroie et un sol sec et aride à perte de vue. Si, j’oubliais, il y a ici et là, deux ou trois cactus fiers et droits dans leurs bottes en caoutchouc. Le vieux ara ne rira plus jamais autrement que sur bande enregistrée, empaillé.

De temps en temps, les projecteurs s’allument, le piano redémarre lentement sur une courroie mal tendu. Un accessoiriste vient redresser le vieux Long, lui remettre la tête sur les épaules en pestant contre les colles bon marché qui ne tiennent jamais assez longtemps. Une assistante indique au barde perdu le chemin de son plateau d’enregistrement, un autre accessoiriste branche les ventilateurs. Tout s’éteint, se rallume et s’éteint à nouveau pendant qu’une fumée bleue s’échappe du quatrième ventilo, celui qui a des taches de rouille ; à remplacer d’urgence par un modèle étanche quand on pourra caser sa ligne dans le budget toujours trop court.

Les acteurs à l’heure, pour une fois, se chamaillent comme des gamins dans leurs costumes trop chauds, trop lourds, trop serrés, quels chochottes. C’est à ce moment que la star arrive, non pas la star de téléfilm de troisième partie de soirée, mais La Star de film à gros budget, en limousine et chauffeur climatisé ; qui passe et s’éloigne vers le grand plateau, au fond, là où touts les budgets s’en vont sans soucis. Parenthèse de deux minutes avant de s’apercevoir qu’ils ont encore réquisitionné toutes les caméras, journée foutue.

lundi 7 novembre 2011

Le chat et l'araignée

Écrit pour la consigne 186 de Kaléïdoplumes :

Une araignée régnait
En reine d’étrenne
Sans outrage ou otage
Sur une amarre de tintamarre

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lundi 25 juillet 2011

Lettre d'un père à son fils

Écrit pour la consigne 175 de Kaléïdoplumes :

Mon enfant

Je t’écris ses mots le jour de la fête des pères. Bien que depuis des années je n’ai pas voulu la fêter. T’expliquer pourquoi serait bien long et tu en sais déjà le principal et tu es devenu homme à comprendre ce que je n’ai jamais pu et voulu dire.

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lundi 18 juillet 2011

Le conteur du dernier jour

Écrit pour Kaléïdoplumes le 4 juillet 2011 :

Au soir du dernier jour, dans cette lande qui a pour nom Finistère, au bout de la dernière terre, un esprit se réveillera. Je ne suis pas cet homme ou cette femme et pourtant.

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dimanche 19 décembre 2010

Tom ?

Écrit pour la consigne 148 de Kaléïdoplumes sur le thème de la lettre au père Noël :

- Alors Tom, tu n’écris pas de lettre au père Noël ? ta feuille est encore toute blanche ?
- …
- Tu es sûr de ne rien vouloir ? tu pourrais demander une épée de Narnia, une souris bottée en peluche, un monsieur Jack.
- J’ai déjà tout ça
- Tu ne veux pas aller à Disneyland ?
- Non, le dragon me fait peur ! il a l’air tellement méchant
- Mais tu sais que ce n’est pas un vrai dragon ? Tu n’a pas envie de nouveaux livres, d’un nouveau jeu pour ta console ?
Regarde, tous les enfants ont rempli leurs listes …
- Ils demandent n’importe quoi et pi le Père Noël n’existe pas !
- Voyons, bien sûr qu’il existe, mais tu dis ça parce que tu ne trouve rien à demander ? Tu sais que si tu attends trop longtemps, il ne recevra pas ta lettre à temps pour préparer tes cadeaux.
Regarde les autres enfants, ils demandent un éléphant, un singe, un tableau 3 en 1. Bon, je ne suis pas sûr que le père Noël soit d’accord pour offrir une chèvre. Tu ne veux pas de rollers ? de la dernière console Toy Story 3 ? un poney, ou un chat ?
- Non j’veux pas tout ça ! C’que j’veux, je suis sûr que même le père Noël pourra jamais le faire !
- Tu devrais l’écrire sur ta lettre. Tu sais il est capable de faire des miracles.
- pfff ! Il existe pas, d’abord !
- Raconte moi alors ce que même le père Noël ne peux pas faire. Tu veux bien ?
- Je veux mon papa et ma maman ! Je veux les retrouver tous les deux … comme avant …
Pi je m’appelle pas Tom, j’m’appelle Rémi !

jeudi 30 septembre 2010

Le peuple des pierres

Pour la consigne 137 de Kaléïdoplumes sur le thème des Pierres qui glissent (Sliding Stones en Californie, Etats-Unis) :

Une très vieille légende indienne raconte l’histoire des pierres qui glissent.

Il y a très longtemps, bien avant la conquête de l’ouest, une autre conquête a eu lieu. Bien avant les indiens, il existait un peuple de nomades. A cette époque les charriots n’existaient pas, ni en bois ni de feu. Alors ils se déplaçaient à pied, les plus important et tout leurs biens à dos de cheval. Tous les trois ans ils s’installaient un peu plus à l’est pour de nouveaux pâturages, terrains de chasse. Ils ont voyagé comme ça, lentement, jusqu’en Californie. Ils ont peut-être vu cette grande étendue déserte à moins que le lac n’ait pas connu de sécheresse à leur époque. Personne ne sait pourquoi ils se sont installés ici, peut-être une prémonition ou un de leur mythe oublié depuis. Ils s’installèrent au bord du lac sans savoir qu’ils étaient sur le sanctuaire d’un autre peuple. Une civilisation venant de très loin au delà des étoiles. Ils vécurent longtemps sans problème dans cette vallées verdoyante, mais disparurent pourtant les uns après les autres à tout jamais.

Le temps est passé, le lac s’est asséché, les indiens sont arrivés, puis les blancs dans leur ruée vers l’ouest et maintenant, les temps modernes. Des ces derniers peuples, seul les indiens ont compris ce qu’il s’était passé ici bien avant eux. Ils ont su comprendre les signes intangibles, ils ont écouté leur chamans. Ils ont rendu à leurs ancêtres inconnus ce qui aurait toujours du rester un sanctuaire. Ils ont raconté ce que voyaient leurs chamans et raconté à nouveau ce que leur disait chaque pierre qui glisse, mais aujourd’hui plus personne ne les écoute.

Il y a bien longtemps, bien avant l’homme, est arrivé une étrange civilisation. Un peuple fuyait une terre devenu inhospitalière. Ils fuyaient une guerre qui n’était plus la leur et se sont installé ici à la recherche de leur Eldorado, de peuple des étoiles ils sont devenus peuple des pierres, jusqu’à l’arrivée des premiers hommes. Ils se côtoyèrent longtemps sans problèmes, partageant leur territoire en harmonie les uns avec les autres. L’histoire ne devait pas durer ; le lac s’est asséché d’un coup en quelques jours les obligeant à partir de nouveaux. Ils en avaient vu d’autres et pensaient trouver d’autres terres accueillante de l’autre côté du lac, sans savoir qu’il était déjà trop tard. Les premiers hommes allaient disparaître quand le peuple des pierres les ont aidés. Ils vivent depuis heureux sur leur terre ou plutôt sur leur lac. Le peuple des pierres les ont accueillis parmi eux. Sans le savoir cette catastrophe naturelle sera peut-être leur dernière chance de survivre. En les accueillant le peuple des pierres a atteint une taille qui lui permet de vivre sereinement sans craindre que leur faible nombre ne les fasse disparaître et les premiers hommes ont pu survivre aux changements climatiques sans disparaître eux aussi.

Depuis les chamans ont appris à écouter ces pierres qui glissent, ces pierres qui parlent entre-elles et se racontent leurs histoires. Depuis les indiens essaient de nous avertir, mais personne ne les écoutent. Ils en connaissent chaque pierre, chaque histoire. Le lac est dangereux, ils ne l’ont pas appelé la vallée de la mort pour rien, personne ne peut la traverser et encore moins y vivre. Pourtant régulièrement un blanc essai et disparaît. Les indiens savent qu’ils ont une mission. Tant qu’ils resteront, il y aura un espoir pour toutes ces pierres, toutes ces âmes. Ils savent qu’un jour le lac reviendra. Ce jour là, le peuple des pierres se réveillera et libérera toutes les êtres qu’ils ont préservés d’une mort certaine en les accueillant parmi eux, nouvelle pierre parmi les pierres qui glissent.

dimanche 25 juillet 2010

Vers l'infini et plus encore Mais qu'y-a-t-il derrière?

Derrière un infini dans le continuum de l’espace indéfini, sans limite, sans contrainte, se love un espace de liberté illusoire sans début ni fin dont l’appétit se propage comme une onde, une ride à la surface de l’eau.

Simple impulsion créée à un moment qui n’existe pas ou plutôt regroupe tous les instants présent en un seul d’une durée aussi courte que l’éternité comme une courbe logarithmique qui ne touche jamais l’instant ni l’unité, sa cible à l’infini.

Sur une idée-consigne de Feuille

Cette consigne a été proposée lors d’un mini atelier à Lyon avec Bruyère, Sherkane, Sprite et Tornade et reprise par Cassy et Pati. Le résultat est visible sur Kaléïdoplumes et sur leurs blogs respectifs.

samedi 12 juin 2010

Tu vois petit ...

Pour la consigne 122 de Kaléïdoplumes :

Tu vois petit, quand j’avais ton âge tout ça n’était que forêt, des arbres à perte de vue. Comme j’étais haut comme trois pommes, je ne voyais que ça, que les arbres. Il a fallu une catastrophe écologique, comme ils disent à la ville, une tempête plus grosse que les autres pour que je vois enfin la montagne sous la forêt, tout ces rocs cachés par les arbres. Je ne sais pas si c’est mieux comme ça, ou mieux avant. Tout ce que je sais, c’est qu’elle était là avant et qu’elle sera encore là après et même après nous, après l’homme.

Et l’autre fada qui chante que la montagne est belle. La sienne peut-être, ou faut croire qu’il est resté trop longtemps à la ville.

Alors petit je vais te dire, il ne faut jamais croire ce qu’on te raconte, même s’ils te disent de regarder avec ton cœur. Il est aveugle aux réalités si tu oublies de regarder avec tes yeux.

Tu vois petit, depuis rien n’a repoussé, ou presque. L’homme à voulu, mais la montagne non. Tu vois petit, elle est peut-être belle, mais c’est aussi une garce, comme l’océan, elle ne rend pas toujours ceux qu’elle prend, elle décide et tu n’y peux rien. Tu ne les as pas connu et personne ne t’en parlera. Un jour peut-être tu apprendras, un jour peut-être ils reviendront.

Tu sais petit, elle t’a vu naître, si tu la respectes, si tu apprends à la connaître, alors peut-être, mais n’oublie pas, c’est elle qui décide. Moi, je suis trop vieux maintenant.

samedi 29 mai 2010

Qui lui dira ?

un homme assis dans un fauteuil dans la rue, photographie de GentialPour la consigne 124 de Kaléïdoplumes :

Si je vous disais que cet homme regarde la télévision, vous ne me croiriez pas ?
Si je vous disais qu’en plus il n’existe pas, vous me croiriez encore moins ? Comment peut-il apparaître sur une photographie et regarder la télévision s’il n’existe pas, c’est ridicule, me diriez vous à peu de choses près, avec vos mots.

Et pourtant … elle tourne …

Regardez attentivement. Autour de lui, les gens passent sans le voir. Cet homme assis sur son fauteuil à l’air de s’ennuyer à mourir devant une énième série b. Personne ne regarde et le temps le traverse indifférent.

Et pourtant … vous auriez raison …

Cet homme a disparu, il y a fort longtemps, ici même avec sa maison victorienne ; mais qui peut lui dire s’il n’existe plus, si la télévision qu’il regardait n’existe plus …

photographie : Tramp, de Gential

vendredi 5 mars 2010

Croire ou ne pas croire ?

Pour la consigne 93 de Kaléïdoplumes, j’avais écrit en octobre 2009 et fini seulement aujourd’hui

Pardonnez moi, ma mère, mon père, au nom du saint esprit, amen.

Je ne crois pas en dieu
Quelque soit son nom
Quand l’homme le créé à son image en prétendant être à son image

Je ne lis pas Le livre
Quelque soit son nom
Quand la religion nous fait croire qu’il est la parole de dieu, alors qu’il n’est que sa propre parole

Je n’entre pas dans un lieu de culte
Quelque soit son nom
Quand certains sont à l’image du peuple et d’autres à celle des puissants

Je n’écoute pas les représentants du culte
Quelques soit leurs noms
Quand ils nous font croire que les derniers seront les premiers

Bénie soit Gaïa qui nous porte tous
Quelque soit notre origine, couleur et conviction

Bénie soit cette étincelle
Qui apporte la vie comme la mort

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